232J - Consulat général d'Italie et Fascio Italiano all'estero en région lyonnaise

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Cote/Cotes extrêmes

232J 1-232J16

Date

1909-1944

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon

Importance matérielle

1 ml

Origine

Les producteurs sont le consulat général d'Italie à Lyon et le Fascio Italiano all'estero duquel dépend l'organisation de jeunesse fasciste l'Organizzazione Gioventù Italiana all'estero (O.G.I.E.) qui devient la Gioventu' Italiana del littorio all'estero (G.I.L.E.) en 1937.

Biographie ou Histoire

Consulat général d'Italie à Lyon           
             Les consulats permettent de contrôler et d'aider la population migrante, nombreuse en France dont le besoin en main d'œuvre est important, pour soutenir son développement industriel. Les émigrations italiennes remontent à la fin du XIXe siècle, surtout dans les zones frontalières (Savoie, Rhône, Isère). Dans l'entre-deux-guerres, la main d'œuvre italienne est réglée par des accords bilatéraux et par des listes de besoin émanant du pays d'accueil.
            Le consulat général d'Italie à Lyon a une fonction pratique. Il doit tout d'abord protéger les intérêts et les droits des Italiens qui vivent en France. Il doit aussi promouvoir les activités éducatives, culturelles et sociales de ses citoyens. Les italiens émigrés s'adressent au consulat pour renouveler leur passeport, pour ce qui concerne le permis de conduire, le service militaire, les visas. Pour résumer, tout ce qui touche à l'administration. Certaines de ses activités, notamment sociales, se recoupent avec celles du Fascio de Lyon.
Le consul est à la tête du consulat, il est aidé par des secrétaires et des agents consulaires. Les agences consulaires de Saint-Étienne et de Clermont-Ferrand dépendent du Consulat général de Lyon. L'entité dépend du ministère des affaires étrangères italiennes situé à Rome et de l'ambassade d'Italie à Paris. Le consulat se situe 8 place des Jacobins à Lyon en 1938 et au 5, rue du Commandant Faurax de nos jours.
 
Fascio Italiano all'estero di Lione 
            Les Fasci all'estero sont des structures fascistes situées à l'étranger et pensées par Mussolini dès 1921. Elles sont officiellement créées le 29 mars 1928, dans le but de défendre l' « italianité » et d'apporter une assistance aux Italiens à l'étranger. En France, on compte 42 Fasci sur tout le territoire, 132 sections fascistes dépendantes, et 5 secrétariats de zone en-dehors de Paris, secrétariat national : Metz, Nancy, Lyon, Marseille et Nice.
            Le Fascio de Lyon est fondé en 1926 par Mario Scribante qui en devient le secrétaire. Arrivé dans la ville en 1925, il est rapidement expulsé lors d'une affaire de détournement de fonds pour financer le journal L'Italia. Le Fascio de Lyon compte 254 adhérents. En 1936, il comprend 10 factions (Oullins, Givors, Tarare, Thizy, Nantua, Bellegarde, Vienne, Valence, Cours, Romans) et compte 442 hommes et 17 femmes. Les organisations de jeunesse (G.I.L.E puis O.G.I.E) sous le contrôle du Fascio comptent 550 adhérents. Pour toute la circonscription lyonnaise on dénombre environ 1200 militants ce qui représente 2% des Italiens du district consulaire. Beaucoup d'Italiens, non inscrits, sont aussi en relation avec le Fascio pour bénéficier de son aide. En effet, le Fascio œuvre en faveur de la jeunesse (sport, école, cours d'italien, colonies de vacances, ski, ..), de l'assistance aux Italiens (distribution de nourriture, vêtements, fêtes comme la Befana, ...), des activités politiques et diplomatiques, du contrôle des immigrés italiens (travail, police), de la presse et de la propagande fasciste.
            Le Fascio est dirigé par un secrétaire politique nommé par le secrétaire général de l'organisation fasciste. Plusieurs Fasci d'une même circonscription consulaire peuvent être regroupés sous la direction d'un secrétaire de zone (le secrétaire du Fascio du chef-lieu). Il existe un délégué national pour chaque État. Le secrétaire de zone et le délégué sont directement en relation avec le secrétariat du Fasci all'estero e nelle colonie. Il y a un secrétaire de zone à Lyon, duquel dépendent les sections (Oullins, Tarare). Le Fascio de Lyon se trouvait 12, place Croix-Paquet à Lyon.
 
O.G.I.E. (G.I.L.E. en 1937) 
            La Gioventù Italiana del Littorio (G.I.L.) est fondée le 29 octobre 1937, par décret royal, des cendres des Fasci giovanili di combattimento (Faisceaux des jeunes de combat). L'Opera Nazionale Ballila, créé pour les jeunes de 6 à 17 ans, et toutes les organisations à sa tête qui répondaient directement du secrétariat national du Parti Fasciste comme l'Organizzazione Gioventù Italiana all'Estero (O.G.I.E) se fondirent avec la G.I.L.. La G.I.L. est dissoute le 25 juillet 1943.
La G.I.L est compétente dans plusieurs domaines, en faveur des jeunes :
            - la préparation spirituelle, sportive et prémilitaire ;
            - l'enseignement de l'éducation physique dans les écoles primaires et collèges, selon des programmes préparés avec le ministre de l'Éducation nationale ;
            - l'institution et le fonctionnement des cours, école, collèges, académies ;
            - l'assistance surtout à travers des camps, des colonies de vacances, du patronage scolaire ou d'autres mesures préparées par le secrétariat du Parti Fasciste ;
            - l'organisation de voyages et de croisières ;
            - la faculté d'instituer et de promouvoir l'institution de bourses d'étude et de pourvoir à leur assignation ;
            - la surveillance et le contrôle de toutes les colonies et institutions affiliées.
            A l'étranger, la G.I.L. se présente sous le nom de Gioventù Italiana del Littorio all'Estero. Elle a à sa tête un commandant de zone, dans chaque État, qui est aussi inspecteur des Fasci. Un commandant de GILE de groupe des faisceaux est nommé dans les centres où la population italienne est importante, afin de coordonner les activités des différents commandants de GILE du faisceau. On trouve dans ce fonds des documents attestant l'activité de la G.I.L.E à Lyon, Oullins et Bellegarde. L'organisation dépend du Fascio Italiano all'estero.

Histoire de la conservation

L'historique exact de la conservation de ce fonds est inconnu. Dans un rapport du 11 octobre 1946, l'archiviste en chef du Rhône signale que l'Administration des Domaines ayant versé aux Archives départementales les archives du consulat d'Italie, le classement des ces documents doit être effectué et demande l'allocation d'un crédit de 20 000 francs pour rémunérer un vacataire connaissant la langue italienne capable d'effectuer ce classement. Dans sa séance du 29 novembre 1946, le conseil général du Rhône accorde ce crédit. Des chemises de conditionnement datant de cette période attestent d'un début de classement.
Plus tard, dans les années 1980 semble t'il, un nouveau pré classement, thématique, a été effectué, sans doute pour permettre la consultation du fonds par Philippe Videlier, chercheur. Il n'a pas non plus abouti mais contribué à mélanger des documents issus de différents sous-fonds.
Le fonds a ensuite, dans les années 2000, effectué un aller-retour entre la « section ancienne » (lieu de conservation des archives privées) et la « section moderne » (lieu de conservation des archives publiques contemporaines) des Archives départementales.

Modalités d'entrées

Versement par l'Administration des Domaines vers 1946. Le fonds a vraisemblablement fait l'objet d'un séquestre à l'issue de la deuxième guerre mondiale.

Présentation du contenu

Le fonds contient essentiellement de la correspondance (originaux, brouillons et copies), des documents administratifs et politiques (inscription au parti fasciste, aux colonies de vacances...), des comptes rendus d'activité (écoles, police, sections dépendantes du consulat &), des circulaires (venant de Rome ou du Fascio de Lyon), quelques spécimens de fiches du Consulat italien et de cartes d'organisations fascistes (parti, Opera Nazionale Dopolavoro) et enfin quelques photographies (venant de Rome).

Évaluation, tris et éliminations, sort final

Avant l'intervention des étudiants-archivistes, le fonds était déjà pré-classé, par ordre thématique ; le plan de classement pré-existant avait disparu. Un nouveau classement a été effectué pour tenter de retrouver l'ordre originel du fonds. Les doublons et des formulaires vierges (avec un spécimen conservé) ont été éliminés.

Accroissements

Fonds clos.

Mode de classement

Un plan de classement a été élaboré par la séparation des différents producteurs identifiés (Fascio, Consulat général, O.G.I.E. puis G.I.L.E.) et en essayant d'aller du général au particulier et par fonction du producteur (des principales aux plus ponctuelles selon les documents présents). Ainsi pour le consulat général d'Italie, l'assistance apparaît avant le travail et immigration en raison du nombre supérieur de documents traitant de l'assistance.

Conditions d'accès

Ce fonds est librement communicable et consultable en salle de lecture des Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon.

Conditions d'utilisation

Les reproductions sont autorisées dans le respect du règlement de la salle de lecture.

Caractéristiques matérielles et contraintes techniques

Certains documents sont fragiles (marques de brûlures, déchirures).

Documents en relation

Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon
394W448 Greffe de la cour de Justice de Lyon, dossiers clos par une ordonnance de non-lieu : (&) Candide CASCONE, décision du 7 mars 1945.

Bibliographie

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CORTI Paola, L'Emigrazione italiana in Francia, un fenomeno di lunga durata, dans Altreitalie, n° 26, I-VI, Università di Torino, 2003.
 
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FAIDUTTI A.-M., L'Immigration italienne dans le sud-est de la France, Gap, 1964.
 
FAVERO Jean-Pierre, Immigration et intégration par le sport : Le cas des immigrés italiens du bassin de Briey (fin du XIXe siècle- début des années 40), L'Harmattan, Paris, 2008.
 
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MILZA Pierre, BERSTEIN Serge, Le Fascisme italien, 1919-1945, Seuil, Paris, 1980.
 
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VIAL Éric, « Fascisme d'exportation, fascisme bénin ? Le fascio à Grenoble et dans l'Isère », dans  Libertà ! Antifascistes et résistants italiens en Isère, Grenoble, Musée de la Résistance et de la Déportation, 2011, p. 24-31.
 
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VIDELIER Philippe, « Sortir des frontières », Revue européenne de migrations internationales, 1993, p. 5-13.
 
VIGANO Marino, Il Ministero degli affari esteri e le relazioni internazionali della Repubblica sociale italiana (1943-1945), Editoriale Jaca Book, 1991.
 
VISTALLI-TIRABOSCHI, « L'immigration italienne dans le Bugey des années trente », Le Bugey, 1982, p 285-301.
 
 « I Fasci all'estero », disponible sur http://www.littorio.com, consulté en décembre 2012.

Mots clés lieux

Mots clés matières

Cote/Cotes extrêmes

232J1-232J7

Date

1909-1943

Organisation interne.

Cote/Cotes extrêmes

232J1

Date

1933-1943

Présentation du contenu

Locaux du consulat général d'Italie, sous-location : contrats, correspondance (1938-1942). Comptabilité, gestion : compte rendu (1943). Gazzetta Ufficiale del regno d'Italia n° 301 (1933).