Cote/Cotes extrêmes
Date
Origine
Biographie ou Histoire
La Bâtie : repères sur la seigneurie et le domaine
Malgré la remarquable continuité familiale qui fait que sur plus de trois siècles, de 1627 à 1943, la même famille a possédé le château, à savoir les Camus puis leurs descendants Valernod et La Baume-Pluvinel, ce fonds est avant tout constitué d'archives liées à une propriété (seigneurie puis propriété privée après la Révolution) plutôt que d'une famille. On ne s'étonnera pas de ne trouver, concernant les propriétaires, que des pièces éparses concernant les aspects proprement familiaux (contrats de mariages, testaments, partages, donations&).
Ceci est naturellement lié au fait que le château de La Bâtie n'a jamais constitué, depuis l'époque des Camus, mais déjà bien avant et au moins depuis la fin du XVe siècle, la résidence principale de ses propriétaires. Les Camus résidaient ordinairement à Lyon, paroisse d'Ainay, les Valernod alternaient leur résidence entre Lyon et Saint-Vallier, les La Baume Pluvinel se partageaient entre Paris et leurs autres propriétés, les châteaux de Marcoussis et de Comblat (Cantal).
Tout au plus La Bâtie a pu constituer pour les Camus ce que l'on pourrait considérer aujourd'hui comme une résidence secondaire ou d'été. Entre 1850 et 1930, une famille de fermiers locataires, les Esparcieux, a habité et géré le château et le domaine, dont est conservé un ensemble de lettres envoyées à leur propriétaire de 1850 à 1919. Au début du XXe siècle, une partie du château est louée de manière temporaire au docteur (Joseph) Alexis Carrel (prix Nobel, de médecine 1912) qui entretient dès 1906 une correspondance avec Mademoiselle de la Baume (Elisabeth), membre de plusieurs sociétés savantes et qui manifestement gérait la propriété de La Bâtie (elle est destinataire des lettres envoyées par Esparcieux).
En 1627 donc, le château et la seigneurie de Chavagneux-La Bâtie sont acquis par François I Camus par un échange avec la famille de Bron La Liègue, contre la baronnie de Riverie. Au passage, François Camus perçoit plus de 40000 livres. Compte tenu de ces moyens, c'est sans doute de cette époque que date une phase importante de travaux de rénovations du château, probablement continués par son fils François II Camus, suite au décès de François I en 1631.
Auparavant, la maison forte de La Bâtie, initialement possédé par des nobles qui en portaient le nom (hommage de Poncet de la Bâtie en 1283) était passée au XIVe siècle à la famille Chavannes, qui portait le nom d'un fief et péage à Givors (qui est l'objet d'une partie importante des archives), puis au XVe siècle à une famille de la Feuillade et à la famille de Bron et ses descendants la Liègue.
Suite à l'échange de 1627, les Camus n'auront de cesse, jusqu'à la mort de Gaspard Camus de rationnaliser et renforcer leurs sources de revenus, au moyen d'un ensemble de procédures et d'acquisition de droits et rentes seigneuriales supplémentaires, à Saint-Martin-en-Haut, et dans les environs, mais aussi de domaines agricoles, essentiellement sur Saint-Martin en Haut.
La seigneurie de Chavannes et le péage d'Albin, à Givors
Une partie importante du fonds concerne la maison forte de Chavannes et le péage du port de Givors dit péage d'Albin ou Arbin. La maison forte proprement dite ne comportait qu'une « maison » et plusieurs propriétés foncières (terres, maisons) à Givors. Un acte d'hommage par Guillaume de Chavannes en 1428 donne le détail et la localisation d'une partie de ces biens dans le bourg de Givors (maisons, four, colombier, péage), acquis auparavant de Girard de Farnay.
La plus grande partie des archives conservées concerne le péage sur le Rhône, en particulier sur les vins. Les pièces détaillent son fonctionnement, avec les tarifs (« carcabeau »), recettes, acensements et fermes, mais aussi les nombreuses procédures pour défendre leurs droits sur ce péage que les propriétaires successifs ont menées, aussi bien contre des particuliers que contres différentes institutions, jusqu'au XVIIIe siècle.
L'inventaire des titres de Riverie et de Chavannes, réalisé en 1627, fournit un précieux éclairage, car il explicite la succession des propriétaires de la seigneurie de Chavannes et du péage, qui passa des Chavannes, aux Rosset, puis aux Saint-André en enfin aux Camus. Les archives du présent fonds ne font cependant état de la transmission de la seigneurie qu'à partir de la vente par les Saint-André dans la seconde moitié du XVIe siècle, qui tombe ainsi définitivement dans le giron des Camus en 1571.
Histoire de la conservation
Le classement et l'inventaire de ces documents ont été réalisés par Bertrand Guyot en 2024-2025.
La famille Hassler, propriétaire du Château de La Bâtie depuis 1943, conservait ces archives dans deux malles militaires rangées dans un grenier (puis déplacées à l'occasion de travaux) d'une part, et dans un placard au rez-de-chaussée d'autre part. Bertrand Guyot pu en consulter une partie en 1999 et 2001, accueilli par M. Etienne Hassler à l'époque. À l'été 2024, il a repris contact avec ses fils, notamment Raphaël et Emmanuel, et suite à une nouvelle visite, il est apparu d'une part l'intérêt historique du fonds qu'ils détenaient, mais aussi la nécessité de les classer et d'en faire un inventaire pour permettre d'en exploiter le potentiel et en assurer la pérennité. Dans cet objectif, les propriétaires ont également décider de déposer ces archives aux Archives du département du Rhône et de la Métropole de Lyon.
Modalités d'entrées
Dépôt
Présentation du contenu
Présentation du contenu et classement
Parmi les plus anciens titres conservés deux actes de 1302, un autre de 1323. Mais l'essentiel des volumes, qui concernent l'Ancien Régime, se concentre du XVIe siècle au milieu du XVIIIe. La richesse du contenu diminue ensuite pour la seconde moitié du XVIIIe, et surtout aux XIXe et première moitié du XXe.
En ce qui concerne les secteurs géographiques concernés, il se trouvent concentrés dans un cercle sur la périphérie duquel se trouvent Saint-Martin-en-Haut, Saint-Symphorien-sur-Coise et Mornant, avec également le secteur de Givors et quelques documents concernant Lyon.
À signaler également des archives sur la baronnie de Feugerolle (Loire), l'abbaye d'Ambronay (Ain) et le département de la Drôme, concerné par des titres de la famille de Valernod.
La prépondérance des archives liées à la gestion des domaines et seigneuries rendent encore plus pertinent un inventaire avec un double mode d'entrée :
Pour clore ce classement, une partie inévitable d'archives diverses, mais finalement assez restreinte, classée, en ce qui concerne les actes entre particuliers, par secteur géographique. Enfin, une vraie rubrique « divers » qui se limite à quelques dessins et projets non datés concernant le château de La Bâtie, un document de recettes et remèdes, et des cartes postales.
Morceaux choisis et pistes de recherches
Quelques pièces qui, de manière bien subjective, pourront retenir l'attention, ou donner un aperçu de ce fonds d'archives :
Le fonds des archives de La Bâtie permettra naturellement d'enrichir les connaissances sur les familles nobles de ce secteur, sur les seigneuries et rentes féodales qu'elles se sont parfois disputées, sur les tiraillements de la région entre le Lyonnais et le Forez.
Sur le château de La Bâtie, les documents sur les principales phases de travaux ou de modifications manquent malheureusement à l'appel, mais le fonds est riche en documents de tous ordres, locations, dossiers comptables, exploitation économique du domaine, bois&
L'histoire du péage de Givors est également richement illustrée, la lutte incessante des propriétaires pour faire maintenir ou rétablir leurs droits, sur plusieurs siècles et contre des opposants de tout poil : des simples bateliers de Condrieu, aux échevins de la ville de Lyon, ou encore le pouvoir royal.
Des études économiques plus vastes peuvent être menées avec une série complète des recettes du péage pour 1677-1703, les tarifs.
Bon nombre de familles habitant les territoires concernés peuvent voir également leur histoire enrichie, grâce aux actes de vente, d'échange, les baux à ferme, par les servis et cens qu'ils devaient à leur seigneur, par les actes de reconnaissance de leurs biens fonciers. Mais aussi par des titres de propriété ou familiaux qu'ils ont dû produire lors de procès. Les actes privés de certaines familles de laboureurs ont aussi pu échouer, avec ceux des domaines acquis, dans les archives du nouveau propriétaire.
Il serait également possible de reconstituer pour un vaste secteur la liste des principales rentes et seigneuries, de leur propriétaire dans le temps, et des différentes campagnes de réalisation de reconnaissances féodales qui ont été réalisés. Un « who's who » des terriers depuis le XIIIe siècle avec descriptif physique des documents produits, noms des notaires et commissaires rédacteurs, années extrêmes de chaque document, liste des tenanciers et des reconnaissances qui existent dans le fonds sous forme de copie, ou d'extraits. Pour cela, il est possible d'exploiter la multitude de lièves, copies, listes de servis, et procédures en droits seigneuriaux, avec quelques précieux inventaires produits à telle ou telle occasion.
Car à quelques exceptions près, tous ces terriers ont été détruits, principalement lors des troubles révolutionnaires. Mieux connaitre les archives disparues est riche d'enseignement !
Enfin, une exploitation de la belle série de lettres envoyées par les Esparcieux, fermiers de La Bâtie, de 1850 à 1919, pourrait donner un éclairage vivant des événements notables autour d'un domaine rural à Saint-Martin-en-Haut, depuis les aléas climatiques jusqu'au cours des denrées agricoles&
Mais ce ne sont là que quelques exemples et pistes, l'inventaire est désormais à disposition pour découvrir le détail des richesses et potentialités de ce fonds.
Conditions d'accès
Ce fonds est librement communicable.
Documents en relation
Archives du Département du Rhône et de la Métropole de Lyon
Archives de La Diana (Montbrison, Loire)
Archives départementales de l'Essonne
Mots clés lieux
Mots clés matières
Mots clés familles
Mots clés producteurs
Cote/Cotes extrêmes
Cote/Cotes extrêmes
Date
Biographie ou Histoire
Le Chambon-Feugerolles, Loire.
Présentation du contenu
Ce site utilise des cookies techniques nécessaires à son bon fonctionnement. Ils ne contiennent aucune donnée personnelle et sont exemptés de consentements (Article 82 de la loi Informatique et Libertés).
Vous pouvez consulter les conditions générales d’utilisation sur le lien ci-dessous.